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Chloé du Nord

La dé-argumentation

La dé-argumentation

L’argumentation est l’expression du mental inférieur polarisé. Au fur et à mesure que l’Homme dépolarisera celui-ci, il sera de moins en moins capable d’argumenter. La dé-argumentation sera donc la nouvelle arme de l’Homme conscient afin d’interagir d’une façon créative avec le mental inférieur des êtres appartenant à la cinquième race racine.

La dépolarisation du mental est donc un des aspects de la nouvelle race qui le dissociera de la précédente. Quand l’Homme aura totalement dépolarisé son mental, il n’appartiendra plus à la cinquième race. Toutefois, la transition entre la cinquième et la sixième race racine doit se faire par étape. Il n’est nullement nécessaire, pour le moment, de se pencher sur la nature de ces étapes. Il suffit simplement de savoir que l’Homme devra, à quelque part dans le temps, faire l’étude de ses pensées en mettant en relation celles-ci d’avec la manière dont il les exprime.

L’Homme ancien dans ses formes expressives est sujet à l’argumentation parce que son mental polarisé cherche toujours à avoir raison. Par contre, pour un Homme conscient, il ne s’agit plus d’avoir raison ou d’avoir tort, mais d’être créatif. Si, par exemple, un Homme conscient est dans une conversation il sera inutile pour lui d’avoir raison. Il sera futile pour lui d’avoir recours aux meilleurs arguments si cela n’apporte pas quelque chose de constructif en bout de ligne. Bien sûr, l’homme ancien aime avoir raison parce que cela le sécurise dans ce qu’il pense connaître de la vie, et que cela consolide son égo. A l’opposé, un Homme réellement conscient n’argumente jamais. Voici ce que je nomme «la dé-argumentation » : un principe créatif auquel l’Homme conscient aura recours quand il voudra interagir avec l’homme ancien.

Pour l’homme en général (celui de la cinquième race), il est difficile de concevoir le fait de pouvoir amener ses idées dans le monde sans avoir recours à de l’argumentaire. Cela est dû au fait que le mental inférieur de l’humanité du cinquième cycle a été construit sur le principe de la « logique ». Autrement dit, les idées qui font le plus de sens (logiquement) ont une ascendance sur les autres. Le fait d’argumenter a donc servit à la confrontation des idées et à permettre aux meilleurs d’entre-elles de prendre forme dans le monde. Ainsi, les hommes les plus habiles dans l’art de l’argumentation sont ceux qui arrivèrent le mieux à se faire valoir dans la société. En conséquence, le fait d’argumenter a permis aux sociétés de s’organiser en fonction d’une hiérarchie donnée. L’homme ayant fonctionné, de cette manière pendant plusieurs siècles, a aujourd’hui de la difficulté à se défaire de cette façon de vivre et d’en épouser une nouvelle qui serait mieux adaptée à sa sensibilité. L’argumentation fut donc un principe qui a permis à l’Homme de parfaire son évolution à une certaine époque de l’histoire humaine. Aujourd’hui, l’Homme souffre de cette ancienne forme de voir les choses, de vouloir avoir raison en argumentant car il a maintenant, plus que jamais, besoin d’une nouvelle psychologie.

Le problème que nous retrouvons dans l’expression de l’homme ancien (dans ses formes expressives) est que sa parole est polarisée. Si nous donnons une valeur positive à un argument quelconque, cela veut dire que nous pouvons tout autant donner une valeur négative à ce même argument. Il ne s’agit pas ici de mesurer les conséquences d’un jugement de valeur donné mais de constater qu’une phrase dite selon un certain contexte aura une connotation positive ou négative. Nous pouvons répéter mot pour mot la même phrase et selon le contexte elle sera comprise de telle ou telle façon et bien souvent perçue dans des polarités opposées. Pour faire simple, disons simplement qu’un argument peut être utilisé pour l’expression d’un message x et que le même argument peut être réutilisé pour véhiculer son message contraire. Nous le constatons présentement aux Etats-Unis lorsque nous observons certains groupes militer contre la censure dans le but de protéger la démocratie tandis que d’autres groupes, en usant exactement des mêmes arguments, utilisent la censure en vue de protéger la démocratie. 

Ce dernier exemple montre à quel point il est facile de manipuler l’homme ancien. Il suffit de voiler le contexte dans lequel un argument a été émis et vous vous retrouvez avec une compréhension qui diffère totalement de la réalité. Il faut donc comprendre que l’Homme de la cinquième race est un être extrêmement manipulable. Il ne cessera de l’être qu’au fur et à mesure qu’il commencera à dépolariser son mental.

Le principal facteur qui fera en sorte que l’Homme de la sixième race ne sera plus sujet à la manipulation sera son incapacité à croire. Si nous étudions la croyance par le passé, nous réaliserons que celle-ci a longuement maintenue en place un principe involutif : le fait d’influencer les autres. Comme l’Homme de la sixième race sera complet en lui-même, il n’aura plus besoin d’être influencé par cet ancien principe pour vivre sa vie. Il se connaîtra parfaitement et pourra vivre en fonction de ses besoins réels. Il ne sera plus influençable parce qu’il ne sentira plus en lui le besoin d’être soutenu moralement par un influx extérieur.

Pour en revenir au sujet de l’argumentation, elle est toujours soutenue par une morale, ou un système de valeur quelconque. C’est cela que l’homme de la cinquième race racine tente sans cesse de défendre. Quand il se sent contrarié dans son principe moralisateur, il a l’impression de ne pas être correct et se sent mal. Par l’argumentaire, il va chercher alors à donner l’ascendance à ses valeurs tout en diminuant celles des autres, consciemment ou non, dans le but de se sentir bien, ou d’éviter de se sentir mal.

Il y a donc une relation entre le corps mental inférieur de l’Homme et son corps émotionnel. Afin d’en faire une synthèse, nous devons tout d’abord définir sommairement ce qu’est une polarité émotionnelle. L’émotion provient de la mise en vibration de l’âme au travers d’une expérience de vie. Pour l’âme, ce n’est pas la charge mémorielle de l’expérience qui compte mais sa capacité à vibrer dans l’expérience. Sur le plan psychologique, cela donne l’illusion à l’égo de la plénitude de sa vie matérielle. L’individu aura l’impression que sa vie a plus de valeur parce qu’il vit plus de choses, ou encore parce que les choses qu’il ressent sont plus intenses dans l’affect émotif. Ceci explique le caractère expérimental de l’être involutif qui a suivi, et subit, ce processus involutif à l’échelle de plusieurs vies afin de perfectionner son âme. Mais, lorsque l’âme est suffisamment développée, l’Homme doit cesser de vivre sa vie de manière expérimentale s’il veut qu’elle devienne créative. C’est à travers ce passage de l’involution à l’évolution que l’Homme apprend à neutraliser la polarité de son corps mental inférieur et de celui de son corps émotionnel.

La relation entre le corps mental inférieur et le corps émotionnel est celle-ci: l’énergie expérientielle reçue lors d’un évènement est interprété par l’égo en fonction de l’architecture de son mental et est vécu en fonction des mémoires émotionnelles subjectives qui s’y rattache. Autrement dit, le corps mental inférieur est teinté de mémoire émotive qui varie en fonction des valeurs personnelles d’un être donné. A noter, que les mots sont, à différents niveaux, colorés par une charge émotive. Quand un homme réfléchit, ou pense, il vit son émotivité en fonction de la valeur polarisante des mots de sa réflexion.

Il arrive que l’homme vibre à son émotivité sans qu’il n’y ait de réflexion (consciente). En réalité, l’énergie événementielle est reçue, traitée, par le corps mental sans qu’il ne s’en aperçoive. On dit alors que cela est dû au « subconscient ». Ce stade du subconscient passera à la conscience au fur et à mesure que l’Homme se conscientisera. L’Homme qui passe de l’involution à l’évolution apprendra à ne pas mettre de l’émotion dans l’évènementiel afin de bénéficier de l’énergie créative de son esprit.

Si l’homme vit une, ou des, émotion(s) lors d’un évènement, il peut faire une étude objective dudit évènement en apprenant à ne pas lui donner de valeur. Objective car il ne s’agit pas pour l’homme d’y réfléchir car le corps mental inférieur servant à la réflexion est déjà polarisé. Il s’agit plutôt de passer de la réflexion à la communication. Il peut s’agir de communication interne (qui remplace la pensée), ou de communication externe avec un autre être par exemple. En somme, c’est à cela que la dé-argumentation nous amène. Quand on neutralise l’argumentation dans une conversation, c’est que nous amenons l’objet de la conversation vers l’étude de son contenu sans de connotation egoique ou émotive.

La dé-argumentation, c’est d’abord de ne pas entrer dans le jeu de l’homme inconscient lorsque celui-ci argumente. La dé-argumentation n’est pas une contre attitude du mental inférieur par ailleurs. Ce n’est pas parce que l’on comprend intellectuellement le principe de polarité que l’on ne peut pas avoir de réaction émotive face à certains propos. Et ce n’est pas parce que vous ne dites rien, que vous n’entrez pas dans les jeux subtils de l’argumentation. Certaines personnes refuseront de prendre la parole face à une opinion contraire à la leur mais iront par la suite vider leurs sac d’émotion en compagnie d’autres personnes qui partagent les mêmes valeurs qu’eux. Autrement dit, la dépolarisation commence par soi-même et se fait, avant tout, par le biais du corps mental (supérieur). La communication sert simplement à observer ce qui vibre en nous et ainsi peut nous aider à prendre une meilleure mesure de nous-même. Prendre conscience de ses failles est la première étape à atteindre afin de les neutraliser. Suite à cela, nous pouvons, à travers l’étude, comprendre petit à petit les mécanismes internes qui polarisent notre mental. L’étude étant l’habileté de l’Homme à laisser pénétrer l’énergie de l’esprit dans son mental (via une communication interne ou externe) sans interférer avec elle.

Une fois que nous avons cessé de nous laisser embarquer dans l’argumentation, ou dans les émotions qui s’y rattache, nous bénéficions d’une parole plus libre de la polarité. L’esprit peut alors plus aisément se manifester dans cette parole pour éclairer les autres. On peut donc dire que la dé-argumentation c’est la capacité d’une personne, libre de polarité, à amener son interlocuteur à l’étude afin qu’il puisse à son tour bénéficier de la lumière de l’esprit.

Il n’y a pas de méthode particulière à la dé-argumentation car c’est l’esprit en l’Homme qui exécute le travail et non l’égo en l’homme. Quand l’homme passera d’un stade d’évolution à un autre, il apprendra à laisser l’esprit en lui faire son travail, sans que son égo intervienne. Lorsqu’il aura suffisamment intégré cet esprit, il le laissera exécuter son travail à travers sa parole. Voilà finalement ce qu’est la dé-argumentation : c’est la manifestation de l’esprit à travers la parole de l’Homme nouveau. En apprenant à dé-argumenter, les forces de la lumière dévoileront l’architecture mental à l’homme ancien pour qu’il puisse prendre conscience de la polarité des formes qui teinte son mental inférieur et afin qu’il puisse, finalement, rayonner de sa propre lumière.

2 réponses sur « La dé-argumentation »

Excellent article ici de Chloé. On pourrait peut-être résumé en affirmant que la dé-argumentation est une sorte d’argumentation guidé par l’esprit, de nature non “confrontationelle”, dans lequel un éclairage nouveau apparait tout autant dans l’esprit de notre interlocuteur que dans celui qui formule les soi-disants arguments.

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